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Numéro de TVA intracommunautaire : où le trouver et le vérifier
C'est la mention dont dépend tout le régime d'une facture intracommunautaire. Et c'est celle qu'on recopie le plus souvent d'un courriel sans la vérifier.
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Où trouver votre propre numéro
C'est la question qu'on se pose en premier et à laquelle on répond le plus mal, parce que l'administration ne vous envoie pas de courrier le jour où elle vous l'attribue. Trois endroits, du plus rapide au plus sûr :
- Votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. Il figure dans les informations de l'entreprise, à côté du SIREN. C'est la source qui fait foi.
- Une facture ou une déclaration de TVA déjà émise. S'il y figure, il est bon — mais vérifiez qu'il n'a pas été repris d'un modèle ancien, ce qui arrive plus souvent qu'on ne croit après un changement de forme juridique.
- Reconstitué depuis le SIREN. Le préfixe FR, une clé de deux caractères et vos neuf chiffres de SIREN. La clé se calcule, mais ne la devinez pas : si vous n'avez pas la vôtre sous les yeux, demandez-la à votre service des impôts des entreprises plutôt que de porter sur une facture un numéro approximatif.
Une entreprise française assujettie en a un même si elle ne l'a jamais utilisé. En revanche, une entreprise en franchise en base ne l'obtient pas automatiquement : il faut le demander, et il devient nécessaire dès la première prestation vers un autre État membre.
Comment il se compose
Le numéro de TVA intracommunautaire français se compose du préfixe
FR, d'une clé de deux caractères et du numéro SIREN à neuf
chiffres — soit onze caractères après le préfixe. Exemple de forme :
FR12345678901.
Le préfixe n'est pas décoratif. Un numéro sans préfixe est un identifiant national ; avec préfixe, c'est un numéro avec lequel on opère au sein de l'Union, et cette différence est exactement celle qui décide si votre facture peut sortir sans taxe.
Les autres États membres ont leurs propres formats : deux lettres de pays puis un nombre de caractères variable. Il n'est pas utile de les apprendre — la vérification européenne accepte le pays et le numéro et répond.
Comment on vérifie, et ce que signifie chaque réponse
La Commission européenne met à disposition une vérification publique (le système VIES) dans laquelle on saisit le pays et le numéro. Trois réponses possibles, et il vaut mieux savoir les lire :
- Numéro valide, avec nom et adresse. Le meilleur cas. Vérifiez que le nom correspond à celui que vous allez porter sur la facture : un client qui se présente sous une marque commerciale est immatriculé sous une autre dénomination.
- Numéro valide, sans nom. Certains États ne publient pas les données. Le numéro est actif ; conservez la vérification avec sa date.
- Numéro non valide. Cela ne veut pas nécessairement dire que le client mente : il peut ne pas être inscrit pour les opérations intracommunautaires, ou le numéro peut avoir été radié. Cela veut dire que vous ne pouvez pas appliquer le régime sans clarifier.
Le résultat, avec la date, se classe à côté de la facture. Pas parce que quelqu'un l'exige à cet instant, mais parce que c'est la seule façon dont vous pourrez, dans deux ans, établir ce que vous saviez alors.
Le cas qui déroute : le client qui « ne sort pas »
Un client réel, immatriculé, qui paie ponctuellement, et dont le numéro n'apparaît pas comme valide. Cela arrive souvent et c'est presque jamais une fraude : le plus courant est que l'entreprise ne soit pas inscrite pour les opérations intracommunautaires, ou que le numéro soit radié depuis qu'elle a cessé d'opérer au sein de l'Union.
Ce qui ne change pas, c'est la conséquence : sans numéro actif, le fondement du régime n'est pas établi. Et la bonne conversation est celle d'avant l'émission, pas celle d'après. Deux lignes de courriel — « avant d'émettre je dois confirmer votre numéro intracommunautaire, la vérification européenne me le donne comme inactif » — règlent l'affaire en un jour et évitent de rectifier une facture ensuite.
Et la Suisse ? Elle n'entre pas dans ce système
C'est la confusion la plus fréquente, et elle coûte cher parce qu'elle conduit à chercher pendant une demi-heure un numéro qui n'existe pas. La Suisse n'est pas dans l'Union : une entreprise suisse n'a pas de numéro de TVA intracommunautaire et n'apparaîtra jamais dans la vérification européenne, quelle que soit sa taille et même si elle est parfaitement en règle.
Elle a un IDE, de la forme CHE-123.456.789,
complété de la mention « TVA » lorsqu'elle est assujettie. Le régime n'est pas
non plus le même : ce n'est pas de l'autoliquidation intracommunautaire mais
une opération avec un pays tiers. Le détail est sur
facturer un client suisse.
Le numéro du client sur la facture
Il figure sur la facture, visible, à côté du vôtre. Ce n'est pas une politesse : c'est la mention qui établit que l'autre partie est assujettie et que la taxe est déclarée là-bas. Sans elle, la facture porte une justification sans fondement. La liste complète est sur mentions obligatoires.
Rectifier n'est pas effacer
C'est la raison la plus concrète de vérifier avant d'émettre plutôt qu'après. Une facture émise ne s'efface pas : elle se corrige par une autre facture, et les deux restent dans la série. Une facture dont le régime était mal fondé se rectifie donc par un document supplémentaire, avec une explication, chez un client à qui il faut expliquer pourquoi.
Deux minutes de vérification avant l'émission remplacent tout cela. Et le résultat archivé avec sa date remplace, deux ans plus tard, une discussion par un document.
Un dernier point pratique : vérifiez au moment d'émettre, pas une fois pour toutes. Un numéro actif en janvier peut avoir été radié en octobre, parce que l'entreprise a cessé d'opérer au sein de l'Union. Pour un client récurrent, une vérification par exercice est un compromis raisonnable.